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DIALOGUE SOCIAL


En sus du FORUM qui est à la disposition des internautes, je me propose au travers de cette rubrique d’apporter un éclairage supplémentaire par le biais de questions/réponses et au fur et à mesure que mes rencontres directes auront suggéré une interpellation intéressante.



Dialogue avec régis : un champ des possibles...



Régis

"Changer le monde un champ des possibles..." J’ai beau m’interroger, je ne vois pas bien ce que cela peut signifier, cette phrase me laisse perplexe.



Philippe

Je reconnais le caractère quelque peu ésotérique de la phrase. Aussi, je m’explique, d’abord succinctement puis de manière un peu plus complète.

SUCCINCTEMENT.

Changer le monde un champ des possibles : signifie qu’une multitude (voire une infinité) de possibilités s’offrent à nous pour changer ce monde mais seulement à l’intérieur d’un espace bien déterminé (un champ) que l’on peut appeler les possibles.



VISION DETAILLEE.

L’IMPORTANCE DU MOT CHANGER.

Le monde bouge...

S’il y a bien quelque chose dans notre Univers que ne change pas, c’est a priori que tout change !

Par le passé nos ancêtres pensaient que leur grand entourage était figé autour d’eux, il n’en va pas de même aujourd’hui où une grande part d’entre-nous a bien conscience que nous sommes partie prenante d’un Univers en mouvement. Qui plus est, et d’autant plus fortement encore de nos jours, nous nous rendons parfaitement compte que l’évolution de notre environnement s’accélère. A l’époque de la préhistoire, les changements n’étaient que très peu perceptibles aux yeux nos prédécesseurs mais actuellement, d’une génération à l’autre, et à l’intérieur même d’une génération, le vécu de la vie n’a plus tout à fait la même teneur. Mes parents ont connu les toilettes au fond du jardin, l’éclairage à la bougie, la lessive à la main, le télégramme, aujourd’hui ils jouissent d’internet, de la TNT et ont leur téléphone portable dans la poche.

C’est ainsi que, notre prise de conscience s’élevant, avec ou sans nous (individu, espèce), le monde change... Cependant, nous avons localement une influence sur celui que nous pouvons percevoir sans jamais en avoir la maîtrise.

Le changement est le moteur de tout ! D’où l’importance capitale du mot CHANGER car, s’il n’y avait rien qui change nous ne serions pas là.


DELIMITER UNE INFINITE.

Le mot "possible" laisse émerger une lueur d’espoir.

D’ailleurs, deux leaders politiques contemporains cherchent à réveiller en nous cette conscience de l’espoir que nous avons semble-t-il un peu perdue.

Le "Yes, we can" : Oui, nous pouvons, laisse entrevoir le : c’est possible.

Puis, si le "Ensemble tout est possible" qui a convaincu une majorité de français nous invite au premier degré à collectivement soulever une montagne, il n’en reste pas moins exact que pris au second degré cette assertion est fausse.

"Ensemble tout est possible" ne reflète pas dans sa totalité une vérité. D’abord, "tout" n’est pas possible et heureusement... En effet, notre passé influence notre présent qui lui même influence notre futur. Une partie de notre avenir est ainsi canalisée par notre histoire particulière. Ainsi, notre futur dépend en partie de notre passé, aussi surprenant que cela puisse nous apparaître au premier degré.

Dans POUR SORTIR DU XXème SIECLE, Edgar MORIN explicite fort bien ce point. Ce fait, s’il peut faire l’objet d’une vision théorique, se décline tout aussi bien avec ce que nous vivons au quotidien. Par exemple, lorsque nous abordons un STOP au volant de notre voiture si à l’instant présent (IP) nous oublions de freiner, à l’instant suivant (IS) nous risquons dans un instant futur (IF) de traverser le carrefour à nos risques et périls. D’où IF qui est issu de IS dépend bien de IP. Par conséquent, le futur est bien conditionné par les évènements du passé.

C’est peut-être aller un peu loin dans la réflexion (on ne va jamais assez loin dans la réflexion), mais asseoir une idée sur une proposition qui s’avèrerait fausse au second degré pourrait en finalité s’avérer dérangeant. D’ailleurs, pour l’heure objectivement, celle-ci commence à devenir douteuse car mis à part la continuité d’une dégringolade globale par pallier, je ne vois pas bien ce qui semble possible. A moins que... ? Un basculement vers une métamorphose s’opère.

Ainsi, notre influence sur le monde est à la fois prédéterminée et imprédictible.

Car : Oui, nous pouvons - mais tout n’est pas possible.



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Dialogue avec Greg : Comment tu vas t’y prendre ? - Juin 2008 -



Greg

Pour le coup, voilà un projet humaniste qui n’a rien d’une utopie et qui se caractérise par son aspect concret qui frise l’insolence. Il offre une perspective qui est à la fois foncièrement libérale et à la fois foncièrement sociale, de quoi politiquement mettre tout le monde d’accord. Il devrait contenter les tendances de droite comme de gauche, et y compris les syndicats, chacun pourrait y trouver son compte et se rallier pour accepter ce pas en avant. Ce pourrait être un véritable projet rassembleur. Aujourd’hui, face aux limites qui s’imposent à notre façon de vivre, à la richesse financière qui se répartie de manière si indécente, à la crise qui commence à n’en plus finir, il me semble difficile de plaider à l’encontre un tel projet de transformation - si tant est que l’on ne le déforme pas -, d’autant que celui-ci se trouve justement argumenté sur un déroulement logique approfondi qui me parait indémontable.

Mais la question qui me brûle les lèvres c’est : comment tu vas t’y prendre pour le rendre réalisable ?

Philippe

Si j’ai pu, au fur et à mesure, consacrer un peu d’énergie pour mettre en forme une définition de ce projet politique, je crois qu’en faire sa promotion exige un exercice à plein temps. Je ne vois pas comment être démocratiquement efficace face à un tel objectif en y consacrant seulement entre-deux un peu son de temps ou le soir après une journée de boulot, tenter de faire passer quelques idées, et d’abord à qui ?

Comment faire face à l’inertie sociétale, aux verrouillages et aux blocages de notre société tant aux plans mental qu’institutionnel ?

Se pose comme chaque fois le problème de l’attribution de ressources pour une occupation à plein temps qui devient alors un travail. Puis aussi celui de la stratégie à mettre en œuvre si l’on souhaite atteindre un objectif déterminé.

Comment assurer la promotion d’un projet de ce genre ?

Il me semble qu’intéresser une personnalité qui possède une forte notoriété, et qui pourrait porter ce projet, pourrait être un des moyens. Seulement comment y parvenir celles-ci étant souvent difficiles d’accès ?

Alors, le hasard fera-t-il peut-être bien les choses comme il sait parfois le faire ? En avançant pas à pas, nous verrons bien où ceux-ci nous mènent...


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Dialogue avec Jean-François : L’Univers, c’est le chaos ! - Août 2008 -



Jean-François

Tu entrevois en finalité une harmonie entre les rapports humains sous prétexte que l’Univers nous apparaît finalement comme harmonieux. Mais, certains vont te dire que l’Univers c’est le chaos, qu’il vient du chaos et qu’il retournera au chaos.

Et, sur un autre registre pour moi la démocratie, dans les petites peut-être mais, dans les grandes entreprises, ça ne peut pas marcher.

Ensuite depuis 40 000 ans, je ne trouve pas que l’Homme ait changé, il est toujours le même.

Enfin, l’absolu ça n’existe pas.



Philippe

CHAOS ou HARMONIE ?

Que l’Univers soit vu comme un chaos, soit, j’admets que l’on puisse voir la chose sous cet angle.

Mais il n’est pas qu’un chaos, ou s’il n’en est pas ainsi, il contient indiscutablement en son sein l’harmonie, particularité ontologique de celui-ci. J’expose pourquoi, il existe d’après moi forcément au moins une possibilité pour que l’espèce humaine retrouve à la fois une relation harmonieuse, tant en interne (en son sein) qu’en externe (au sein de son environnement) dans ENCORE PLUS LOIN (cf. document principal p. 178-188).

Nous pouvons nous demander si l’harmonie n’est pas la mort du chaos soumise aux fluctuations du hasard. Les travaux très concrets (structures dissipatives) du grand thermodynamicien que fut Ilya PRIGOGINE sont quand même drôlement éclairants sur la notion du passage de l’ordre vers le désordre et vis et versa : tout est une question de conditions.

L’Univers probaliste que nous connaissons fait que les parties, changements après changements, à force de changer parviennent au moins pour un temps à un état "à cheval" entre l’ordre et le désordre.

C’est chaque fois, au moment d’un chaos abouti, sur l’infime frontière entre équilibre et déséquilibre que l’évolution apparait et fait émerger l’étincelle de la création. Dans L’EVOLUTION AU BORD DU CHAOS, Jean-Claude HEUDIN nous montre que c’est seulement au niveau de cette transition de phase que l’information échappe à la fixité de l’ordre et à l’attraction étrange du chaos. Hasard et nécessité coopèrent alors, pour évoluer vers des niveaux supérieurs d’organisation.

C’est d’ailleurs ainsi, comme l’expriment Ilya PRIGOGINE et Isabelle STENGERS dans LA NOUVELLE ALLIANCE, Le Seuil, que naquît la vie : "Le hasard arrache le vivant à l’ordre inanimé de la nature, en fait un mort en sursis en marge d’un univers où il ne constitue qu’une particularité arbitraire." Cependant, peut-être serions nous plutôt amenés à écrire d’ici peu : le hasard empêche le vivant de surgir de l’ordre animé de la nature, l’étouffe indéfiniment en marge d’un univers où il constitue une détermination à naître. L’aléatoire empêchant localement le mouvement d’aboutir à son terme. Les recherches futures des exobiologistes nous permettrons vraisemblablement de voir l’envers du décor. La vie est-elle si rare dans l’Univers ? Ou, « La Terre est grosse de l’Homme et l’univers est gros de la vie. » comme l’augure Vincent FLEURY, DE L’ŒUF A L’ETERNITE, Flammarion, 2007.

Serons-nous collectivement assez conscients et intelligents ou patients pour découvrir le chemin qui puisse nous y conduire ? C’est surtout en ces termes selon moi que la question se pose.

Avec DU VRAI, DU BEAU, DU BIEN, Odile JACOB, Jean-Pierre CHANGEUX essaye de nous montrer : "qu’il nous revient d’inciter sans relâche le cerveau des hommes à inventer un futur qui permette à l’humanité d’accéder à une vie plus solidaire et plus heureuse pour et avec chacun d’entre nous".

DEMOCRATIE ?

La France : 63.5 millions d’habitants sont en élan vers une démocratie... Concept qui d’ailleurs se complexifie.

Je n’ose dire : "La France, une démocratie" puisque je montre dans ENCORE PLUS LOIN (cf. document principal p. 103-108), en commençant par tenter de définir ce pourrait être la démocratie que cette aspiration est loin d’être aboutie.

Nous ne pouvons donc pas parler de pleine démocratie pour la France, idem d’ailleurs pour les autres pays du globe. Nulle-part à mon sens il n’y a de véritable démocratie !

Quand bien même dans certains pays, les citoyens ont la possibilité de s’exprimer par le vote que dire de nos pays régis par le régime économique du capitalisme qui domine actuellement le monde ? Dans une structure d’appartenance particulière - l’entreprise - l’autorité détenue par la possession du capital différenciée de la force de travail me semble plutôt donner l’allure d’une dictature. Le capital dictant sa loi à la force de travail. Peut-on alors véritablement parler de démocratie au sens plein du terme pour tous les pays régis par le capitalisme ? Il y a selon moi une contradiction insurmontable entre pleine démocratie et capitalisme. C’est pourquoi le régime économique que je propose : TOUS CAPITALISTES peut, dans un cas précis, coïncider avec démocratie et tend à accroître la portée de ce concept.

Pourquoi la démocratie pourrait-elle fonctionner dans les petites entreprises et pas dans les grandes ? Parce que plus le groupe est important et plus est difficile de mettre tout le monde d’accord ? Justement, nos observations sociologiques nous montrent que le concept de démocratie est le meilleur principe pour arbitrer et gérer les conflits lorsqu’ils se manifestent. Statutairement, petites ou grandes, il convient sur le plan juridique de bien clarifier ce qui incombe comme décisions aux actionnaires et celles qui sont de l’ordre du management courant. Si la chose est claire, elle devrait limiter les conflits. Et puis, comme je l’ai avancé, la porte d’un tribunal est toujours ouverte à celui (individu ou groupe) requérir un arbitrage.

De toute façon, sinon, entre quoi avons-nous alors le choix pour nos grandes entreprises : oligarchie, autocratie, anarchie, dictature ou démocratie ? Sauf à encore inventer quelque chose de nouveau... Face aux limites de la démocratie, que je reconnais bien volontiers - j’ai en projet de réfléchir à ce qui pourrait dépasser celle-ci - mais pour l’instant nous n’avons rien de mieux à nous proposer... PROUDHON le visionnaire, PROUDHON l’émergentiste, nous proposait de réfléchir à quelque chose entre ordre et anarchie. C’est peut-être une bonne piste et j’y réfléchi.

L’HOMME.

S’agissant de ce que nous appelons l’entité Homme, oui, nous ne pouvons percevoir les modifications si infimes qui sur 40 000 ans font l’œuvre de l’évolution biologique. Est-ce à dire qu’il y en a pas, je ne crois pas, ce n’est pas parce que nous ne les voyons pas qu’elles n’existent pas.

Et puis, dernièrement, c’est surtout son environnement qui a diablement changé, par le fait de ses capacités à transformer la nature. L’effet réagissant en retour sur la cause et vis et versa, tout étant en fin de compte fondu et inextricablement lié, il est difficile de faire la part des choses... Est-ce l’environnement qui change ou est-ce l’Homme qui change ? Finalement, qu’est ce que l’Homme ? Où situer la frontière, devenue si floue, entre celui-ci et son environnement ? Nos yeux ne nous montrent pas tout et notre cerveau non plus ! Cette frontière est le propre de chacun d’entre-nous sachant que même pour certains il n’y pas de différence entre la matière inerte (le non-vivant) et le vivant, l’Univers ne représente que de la matière en mouvement.

L’ABSOLU.

L’arc en ciel existe-t-il ?

Oui pour celui doté d’un œil qui permet de le voir, non pour un aveugle.

Il me semble qu’il en est de même pour l’absolu. Etant entendu que ce dernier peut être perçu par notre cerveau et non par notre œil. Comment un voyant pourrait-il démontrer à un aveugle l’existence et la structure d’un arc en ciel ?

Le philosophe SPINOZA se posait ainsi la question de savoir comment chacun d’entre nous était connecté par et dans l’Univers et il avait conscience de ne pas savoir. J’entends montrer par là qu’il n’y a pas lieu à y avoir de discorde. Il serait ridicule que non-voyant et voyant se fâchent, il faut accepter nos différences de point de vue sur l’absolu. Il ne doit pas y avoir deux mondes qui s’affrontent, il doit y avoir deux mondes qui s’unissent pour en décrire un troisième.

Et d’abord, il convient de définir lorsque deux interlocuteurs évoquent ce concept ce que chacun d’entre eux entrevoit par celui d’absolu.

Pour moi, l’absolu est lui même relatif ("Tout est relatif" - EINSTEIN semble indétrônable) car dépendant de nos caractéristiques humaines propres et de la vision du monde qui se diversifie par chacun d’entre-nous et au cours des époques. Nous faut-il donc alors parler d’un absolu de l’absolu ? Roger PENROSE, le célèbre mathématicien, perçoit trois mondes et trois profonds mystères qui les lient. Un monde des absolus platoniciens, un monde physique et un monde mental. Se reporter à ENCORE PLUS LOIN (cf. document principal p. 222-223) pour mes détails et précisions sur ce sujet.



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Dialogue avec Nat : J’aime pas ce mot CHEF ! - Octobre 2008 -



Nat

Je trouve que l’école pour former des chefs ne devrait pas être un passage obligé et d’abord pour commencer je n’aime pas ce mot CHEF, il faudrait trouver autre chose. Celui-ci laisse un goût amer, il fait ressortir l’autorité, le commandement, la contrainte de soumission.

Sinon pour moi, il y a une multitude de chefs d’entreprise très compétents et expérimentés qui n’ont pas de temps à perdre à retourner à l’école mais qui pourraient fort bien avoir envie de transformer leur entreprise en SARS. Il faut qu’ils puissent bénéficier de cette ouverture.


Philippe

Nous sommes dans le cadre de réflexions sur l’entreprise, quoique certaines d’entre elles puissent aussi se décliner à d’autres structures non soumises au profit.

CHEF

Concernant ce mot CHEF, il faut tant soit peu se déposséder des traces culturelles récentes que celles-ci laissent à tort dans notre esprit. Le chef, c’est à la fois l’alter ego et l’ego alter comme nous le précise Edgar MORIN. Et, tout dépend de ce que l’on y met à l’intérieur de ce terme. Les mots sont des organismes vivants, leur sens comme leur contour se modifient au cours des époques. Le contexte n’est plus celui de VERCINGETORIX, ni du DUCE, ni même du GENERAL...

En tous cas pour moi, ce qui compte surtout, c’est postuler qu’il faut un personnage pour tenir cette fonction au sein d’une organisation. Le chef, ce doit être l’âme de cette structure, celle-ci caractérisant à la fois le tout et les parties, l’essence de l’être en tant qu’organisation. C’est pourquoi, cette fonction me semble être quelque chose de si important, quant à une refondation de nos rapports sociaux, que je crois fondamental que nous y réfléchissions. Car comme le prévoit Jean ROSTAND (que je cite approximativement de mémoire ne retrouvant plus ma source originelle) « L’Homme parviendra à casser les atomes, à guérir le cancer, à libérer la femme, mais il ne trouvera jamais le secret de se laisser gouverner par des moins indignes ». Alors la tâche est immense et mérite que l’on s’y attarde.

D’abord, à cette fonction car quelle fonction ? Puisque la première chose que je propose relativement à ce cadre [dans ENCORE PLUS LOIN (cf. ; document principal p. 157-160 et 166-171)] c’est justement de réfléchir à ce que celle-ci pourrait être.

Comment penser l’organisation, la mobilisation, l’évolution d’un groupe humain parmi tant d’autres, sans un chef, un meneur, un leader, un gouverneur, une âme ou autrement qualifié mais sans quelqu’un ? Comment un orchestre pourrait-il fonctionner aussi admirablement sans son chef ? Idem pour l’entreprise. Personnellement, je ne vois pas ! J’en ai conclu qu’il fallait quelqu’un indépendamment de la manière dont le nomme.

L’anarchie ne produit généralement que du bruit et seulement dans un cas extrême une musique, mais alors ce cas si particulier n’est plus de l’anarchie celui-ci est le savant mélange, le fil du rasoir, entre l’ordre et le désordre, celui que nous devons chercher, même désespérément...

LEUR FORMATION

Je vois plusieurs problèmes à la dispense d’une formation spécifique pour diriger des entreprises d’un genre nouveau : les S.A.R.S., dont deux majeurs que je fais ressortir ici.

D’abord, la philosophie de management est fondamentalement différente entre une entreprise classique et une S.A.R.S..

D’un côté, dans l’entreprise classique ; le chef doit pour réussir faire preuve d’autorité, d’individualité et faire passer son intérêt financier ou celui des actionnaires par devant celui des salariés. De l’autre, dans la S.A.R.S. ; il doit faire preuve de consensus et se montrer en bon gardien de l’intérêt général. Un bon "chef classique" ne fera pas forcément un bon "chef de SARS" et vice et versa, le profil n’est pas le même et l’intention finale non plus. Le premier vise, soit individuellement son enrichissement personnel, soit par interface une rémunération pour défendre le capital des actionnaires. Le second vise un succès collectif pas seulement financier et que l’on peut élargir à un intérêt social puis à celui plus global encore de l’humanité.

Ensuite, si l’on imagine dispenser certains chefs de SARS d’une formation spécifique, comment vis à vis des citoyens justifier le bien fondé du cautionnement de l’Etat pour la constitution de leurs fonds propres. Le permis de conduire (un véhicule), apporte indiscutablement le gage d’une meilleure sécurité routière. Rappelons-nous le sympathique petit oiseau de la BD (épisode 6) "Moi, je n’ai pas le permis mais je sais conduire", celui-ci n’a qu’un cerveau d’oiseau... Je vois mal comment nous pourrions être amenés à plaider la dispense du permis de conduire. Parallèlement, il faut des chefs diplômés pour la conduite de nos entreprises S.A.R.S.. Mais sans doute pendant une période transitoire, c’est vrai qu’il serait bien vu de réfléchir à une passerelle pour les chefs classiques qui souhaiteraient devenir sociaux.

Finalement, les problèmes des entreprises sont, et en dehors du métier spécifique propre chacune d’entre-elles qui ne représente qu’une particularité aléatoire fonction de besoins contemporains, dans leurs grandes lignes, quasiment partout les mêmes mais varient au cours des époques.


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Dialogue avec Guylain : L’idée n’est pas nouvelle ! - Décembre 2008 -


Guylain

L’idée n’est pas nouvelle... Une grande entreprise comme AUCHAN, par exemple, pratique depuis longtemps déjà la participation des salariés au capital de l’entreprise. Et puis, il y a les SCOP... Certes, avoir poussé l’idée jusqu’à son extrême offre une perspective singulière. Ainsi, la question que nous sommes en devoir de nous poser serait donc : jusqu’où faut-il aller ? Pourquoi pas ! C’est doute une bonne piste de réfléchir en ce sens, comment répartir le capital et dans quelle proportion ?

La sagesse pourrait nous commander qu’avant de nous lancer dans un tel projet à grande échelle comme tu sembles le proposer, expérimenter localement et à petite échelle ce que donnerait la gestion de SARS pourrait être un premier pas. Et si ça marche, on développe...


Philippe

L’IDEE

Pour moi la réponse est claire. C’est la totalité du capital de l’entreprise qui doit être répartie et cela de manière égalitaire. Si nous nous considérons égaux en droit, je ne vois pas au nom du quoi les uns auraient et pas les autres. Mais, en fait, nous sommes tous différents, je suis d’accord. La différence de compétences, d’expériences et de capacités entre les Hommes se traduisant par des écarts salariaux établis de manière démocratique et de façon transparente.

Pour en revenir aux SCOP. Primo, si la SARS est sans doute dans son essence plus proche d’une SCOP que de toute autre structure entrepreneuriale, il subsiste néanmoins de trop grandes différences entre ces deux concepts pour que ceux-ci soient assimilables. D’abord le capital de la SCOP n’est que très rarement égalitairement réparti, ce qui pour moi donne déjà quelque chose de bancale : pourquoi, les uns plus que les autres ? Secundo, les fonds sociaux (capital social) ne sont jamais proportionnels au nombre de salariés qui participent à son évolution. Est-il besoin d’être un éminent mathématicien, grand logicien et savamment diplômé d’économie pour comprendre ce phénomène mécanique de l’économie : la mise œuvre d’un "bloc des avances primitives" comme l’avait bien vu pour le domaine agricole, il y a un peu plus de deux siècles, MIRABEAU ? C’est cette vision qu’il nous faut moderniser. Si ce mystère n’était, semble-t-il, pas si commode à percer maintenant qu’une nouvelle logique apparaît elle devrait sembler plus évidente. Tertio, le chef n’est jamais issu d’une formation parfaitement adaptée et n’est jamais démocratiquement accepté comme tel.

LA SAGESSE

La sagesse peut aussi nous recommander de réfléchir au mieux de ce que nos possibilités nous confèrent.

Tout est lié, nous vivons dans un monde systémique. Rendre la demande solvable, reste la problématique majeure de notre système. Pour que les S.A.R.S. perdurent, il leur faut des clients : solvables... Et, c’est entre-autre ce que je reproche au capitalisme de notre époque et chez nous, la clientèle sur un plan général (à ne pas confondre avec global) s’appauvrie. Il faut donc régénérer le système et pour ce faire, il faut amorcer la pompe, un effet de seuil minimal me semble être nécessaire pour conduire cette opération au succès.

S’il est vrai que mené à petite échelle, le projet de SARS peut nous donner une petite idée de ce quelque chose, ce serait faire "mumuse" et montrer que l’on n’a pas encore tout compris ! La sagesse appelle à la prudence, certes, mais qu’est ce qu’on risque à donner un peu d’ampleur au système ? Car si la mayonnaise ne prend pas, on dira que le projet était mauvais sans avoir vu que (les économistes ne le savent peut-être pas mais tous les physiciens le savent bien) pour échapper à la gravitation terrestre, il faut une certaine force de propulsion, autrement on décolle et on retombe. Pour que ce projet se déploie avec une chance potentielle de succès, il semble compréhensible que celui-ci soit mené à une échelle suffisamment grande. Celle d’un pays comme la FRANCE me semble être un espace raisonnable. Encore mieux si l’EUROPE s’y met mais ne rêvons pas - l’essentiel nos échanges économiques étant européens avant d’être mondiaux. Et puis tous les pays ne sont pas économiquement, socialement et philosophiquement près pour adopter un tel système. Pour moi en finalité, plus l’échelle est grande plus le système est sûr, car celui-ci constitue un système auto-organisé avec un programme qui se développe tout seul... (Comme le déploiement notre Univers, pour ceux à qui l’idée plairait d’y voir une similitude.)



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Dialogue avec Nico. - Février 2009 -

Nico

Il ne faut pas croire qu’il n’y a pas de travail, je connais beaucoup d’employeurs qui cherchent de la main d’œuvre et qui ne trouvent pas. Le problème c’est qu’il n’y a pas adéquation entre l’offre et la demande.

Pour moi l’humanité va s’auto-détruire, après il y aura autre chose, c’est un cycle...

Philippe

OFFRE ET DEMANDE.

Sans doute, il y a un problème d’adéquation entre l’offre de travail et l’offre de compétence mais celui-ci ne saurait en grande partie se combler grâce à toutes les aides et les formations qui sont disponibles et la malléabilité de nos possibilités d’adaptation. Ce que je crois surtout, c’est qu’à force de chercher un travail et d’avoir si peu de résultat les individus se découragent à la longue et finissent par abandonner de chercher. Récemment, un chef d’entreprise me disait, j’ai mis une annonce dans la presse et je n’ai eu aucune réponse à croire qu’il n’y a plus de chômeurs où que les gens ne veulent plus travailler ! Il y a une décennie, une entreprise qui faisait paraître une annonce par voie de presse avait environ entre 50 et 150 CV. Pour en fin de compte au mieux ne pourvoir qu’un poste et faire 49 à 149 déçus. A force de recevoir des réponses négatives ou pas de réponses du tout les gens se désespèrent et abandonnent les recherches. Quant on nous rabâche à longueur de journée les flopées de licenciements en France comme à travers le monde et que des bacs + 5 en arrivent à occuper des postes de comptoir chez Mac Do, les bacs + 2 n’osent plus y croire et tout le monde fini par se décourager.

L’AVENIR DE L’HUMANITÉ ?

Je sais bien que le Futuroscope de Poitiers propose une vision de la vie sur la planète d’ici 5 à 200 millions d’années où l’homme aura disparu pour laisser place aux animaux du futur. Pourquoi pas ? Cette hypothèse fait bien partie du champ des possibles.

Mais, il faut toujours laisser une place au scepticisme comme nous le suggère le fascinant chercheur que fut Charles DARWIN.

Il se peut fort bien que cette particularité aléatoire et fractale de l’Univers créatif : la conscience de soi, qui nous est conférée par celui-ci disparaisse de la planète... Tout comme il se pourrait que celle-ci perdure jusqu’aux portes de l’éternité, là où il n’y a plus de mouvement.

L’Homme détient une place très spéciale au sein de l’Univers, quand bien même celui-ci ne serait qu’une bulle parmi un méta-univers. Nous possédons les atouts d’une espèce à très longue durée de vie. A lire sur ce sujet DESTIN COSMIQUE Joël PRIMACK et Nancy ABRAMS (ROBERT LAFFONT), 2008.

Stephen HAWKING imagine que l’on connaîtra jamais la totalité de l’Univers et bien, tant mieux, tentons d’aller jusqu’au bout de L’ŒUF A L’ETERNITE comme l’imagine Vincent FLEURY (FLAMMARION), 2007, à lire aussi. _


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Dialogue avec Monique. Ampleur ou dérision ? - Février 2009 -





Monique

Tu avances que pour toi, ce que tu proposes, c’est le projet du siècle !

A l’âge de la retraite et avec le recul par rapport à la période que j’ai vécu, je commence à admettre qu’un changement plus réfléchi puisse devenir nécessaire, que l’on ne plus laisser aller les choses à la va comme je te pousse. Nous rendons notre monde de plus en plus fou, tout devient dégoutant... Les politiciens qui nous avaient, pendant ma période active, plus ou moins sagement guidé se sont incroyablement avilis. C’est vrai qu’il y a un ras-le-bol général et qu’il faudrait du nouveau...

J’arrive à saisir les grandes lignes de ce que tu exposes, c’est vrai que la richesse est mal répartie, c’est vrai que le problème du chômage devient de plus en plus grave, c’est vrai que tout cela devient inquiétant, c’est vrai que plus personne n’est crédible et que tout le monde y perd son latin comme tu le souligne. Seulement, personnellement, ça me dépasse complètement, je ne vois pas en quoi ce que tu définis peut faire le projet du siècle comme tu dis, ça me parait bien trop ambitieux face à la totalité des problèmes qui s’abattent sur nous.



Philippe

COMPLEXE OU SIMPLE ?

Mieux vaux connaître un peu de tout que tout d’un peu, même si cela reste loin d’être suffisant.

Le fonctionnement du monde, qu’est ce que j’en connais, qu’est ce que j’en comprends ?

La société qui incite à l’hyper-spécialisation des individus les déconnecte d’une vision globale de nos problématiques. Il nous faudrait des hyper-spécialistes de la globalisation de nos connaissances, vaste programme, car encore faudrait-il que ceux-ci soient capables d’articuler tous nos savoirs et de les arraisonner vers un objectif précis : assurer notre mieux-vivre tant individuel que collectif. Quel défi !

Et dans cette optique, je fais ce que je peux avec ce que je connais de là où je suis... Comment mieux faire ?

Ce que je propose, est peut-être quelque chose d’un peu plus ingénieux que ce que nous pondent nos politiciens pour faire face à la complexité de notre monde mais vu sous un certain angle, c’est tout simple.

Répartir autrement la richesse dans le monde ? Vaste problème diront d’aucun ! Pour moi, c’est si simple (sur le papier déjà) à long terme de la répartir autrement sans spolier quiconque. La SARS en est l’échangeur, voilà la méthode... Il n’est surtout pas nécessaire d’avoir étudié à l’Ecole Polytechnique pour comprendre que l’instauration et le développement de telles structures couplées à un Etat avant tout régalien qui pourrait déléguer démocratiquement son rôle redistributeur (j’ai en tête, pour la suite, un projet à proposer dans ce cadre) pourrait complètement changer à long terme la répartition des richesses qu’elles soient financières ou culturelles... Montrons l’exemple, chez-nous en France et peut-être que par contamination le reste du monde suivra...

Et, répartir autrement la richesse dans le monde serait déjà un si grand pas... La nature pourrait se transformer autrement avec cette petite modification. Elle pourrait contribuer à fabriquer un encore plus grand nombre d’êtres mieux intelligents. Plus il y a d’intelligence diversifiée et plus il a de chance d’étouffer notre crétinisation et d’assurer ainsi une longue vie à la créativité qui transite consciemment par notre espèce.

Dans sa totalité, je conçois que les tenants et les aboutissants de ce projet, tant dans leur globalité que leur particularité, ne soient pas aisément appréhendable par quiconque. Mais dans chaque domaine, un petit bout peut toujours être au moins à la porté de tout un chacun. Et, petits bouts par petits bouts on peut arriver à un édifice gigantesque...

Notre époque nous impose de prendre collectivement conscience de la complexité du monde qui nous régit. La complexité était là bien avant nous, mais elle n’était pas citoyennement perceptible, c’est à dire perceptible collectivement. Les philosophes, les scientifiques et les artistes l’avaient en avant garde bien perçue mais celle-ci ne se déclinera socialement que très progressivement. Et, comme la compréhension globale de notre monde contemporain nous échappe, nous avons des difficultés à agir convenablement en son sein.



LE PROJET DU SIECLE.

Comment capter toute la profondeur de ce projet, sans s’y intéresser à fond ?

Si ce siècle parvient à abattre le capitalisme ou ne serait-ce qu’à faire émerger en lui-même son successeur tel que je l’ai défini, je pense que les enfants de nos enfants seront fiers de nous pour leur avoir évité le pire, c’est à dire : l’hyper-empire et l’hyper-conflit pour reprendre les termes définis par Jacques ATTALI - UNE BREVE HISTOIRE DE L’AVENIR, Le Livre de Poche, 2008.

Que demander aujourd’hui de plus à la science, à l’art ou à la philosophie ?

Leurs pratiques nous ont déjà tant apporté dans nos constructions mentales.

C’est maintenant ou jamais à la politique de réussir son retour en force. Sinon, prouvant son incapacité totale à faire face à son défi : assurer notre mieux-vivre tant individuel que collectif et tant à court terme qu’à long terme, elle disparaîtra de notre structure sociale.



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Dialogue avec Marc. Le capitalisme, c’est pas fini ! - Août 2008 -



- Marc

Il y a des idées dans ce que tu exposes c’est certain... Mais, pour moi, le capitalisme n’est pas mort, la suite n’est pas pour demain, en tout cas pas avant au moins un siècle.

- Philippe

C’est possible... Mais encore un siècle de capitalisme, personnellement, j’en doute...

Le fait est ; il n’y a pas de vraie alternative d’envergure connue capable de rivaliser avec ce système qui s’est enraciné dans notre culture au point d’anéantir nos capacités organisationnelles de défense. Et, pourtant le Yin et le Yang sont à jamais indissociables. Le capitalisme a bien quelque part son envers !

Pour moi, aujourd’hui à la différence d’hier, il y a au moins sur le papier une idéologie concurrente pour dominer ce système.

Si celle-ci parvient se faire connaître, j’imagine que tôt ou tard elles entreront en compétition, cela me paraît inéluctable et ne devrait pas prendre un siècle pour se mettre en place.

A la vitesse et la force avec lesquelles les dégradations se font sentir, réaction ou révolution montent en puissance au fur et à mesure que celles-ci se propagent, gageons que ce soit la première qui puisse prendre le dessus. Christophe BARBIER, le journaliste du politique de L’EXPRESS, avance qu’une révolution comme celle du grand soir n’est plus dans l’air du temps. Cela nous laisse encore un peu d’espace pour réfléchir et agir, néanmoins pressons nous lentement.



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