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MODÈLE, CONCEPT et PROCESSUS.

Mes réflexions abouties m’amènent donc prioritairement vers l’élaboration d’un concept modernisant notre esprit entrepreneurial lequel s’assorti d’un processus d’amorçage. Cet ensemble génère un fluide économique qui à l’œuvre organiserait la déconstruction du chômage.

1) NOTRE MODELE ACTUEL DE SOCIETE.

Pour regarder les choses simplement [1], notre modèle de société repose sur la base de trois pôles inter-articulés et dépendant les uns des autres. Un pôle étatique autour duquel gravitent d’une part divers organismes ne recherchant pas directement le profit financier (Recherches, ONG, Fondations, Associations, Syndicats, Mutuelles, Communautés religieuses, etc.) et d’autre part des entreprises de production de biens ou de services, soumises par essence à une pression vers l’obtention d’un profit. Ces dernières créent des richesses directement monnayables au sein d’une économie de marché et qui servent indirectement en partie à financer les deux autres pôles (Etat et divers organismes). Celles-ci sont donc le moteur de notre société dans son ensemble. Ainsi, lorsque le moteur se grippe, c’est tout l’édifice qui s’enraye. Si celui-ci tourne à plein régime, tout l’édifice se porte bien en principe et peut ainsi évoluer en sa pleine puissance.

Nul besoin de démontrer que notre structure économique et sociale se désagrège, les médias s’en chargent quotidiennement.

Nous sommes aujourd’hui confrontés à la présence d’un ETAT-PROVIDENCE qui semble avoir pris le défaut de vouloir se mêler de tout et à des structures entrepreneuriales qui n’ont pas été revues dans leur fondement [2] quasiment depuis l’émergence de leur création. Ainsi, mêmes récentes, nos EURL, SARL, SA, SCOP, SNC, SEM, holdings, etc. représentent désormais pour moi, face au concept que je propose, l’ancienne mode entrepreneuriale. En effet, ces dernières comportent plusieurs défauts d’importance qui sont lourdement préjudiciables tant pour leur développement que leur pérennité et par voie de conséquence, celles-ci peinant, pour l’ensemble de notre édifice social.

2) LE MODELE DE SOCIETE QUE JE PROPOSE.

Celui-ci peut se regarder aussi simplement que le précédant mais se structure différemment. A la place d’un ETAT-PROVIDENCE, je propose un ETAT REGALIEN-CAUTION qui s’accorde, dans un même temps, inextricablement avec la transformation progressive des entreprises classiques (ancien modèle) en S.A.R.S. - Société A Responsablité Sociale - (nouveau modèle) au concept entrepreneurial moderne. Ainsi, les divers organismes (sous contrôle éthique) pourraient être financés de manière plus démocratique au choix des citoyens dont les possibilités financières se trouveraient mécaniquement accrues.

Ce nouvel esprit se charge de corriger simultanément les propensions omniprésentes de l’Etat d’avec les faiblesses intrinsèques des entreprises classiques. En effet dans la plupart des cas, celles-ci manquent cruellement de fonds propres, leur chef n’a pour ainsi dire jamais à la fois le profil et la formation qui correspond à ce qu’une fonction réfléchie du métier exigerait et surtout dans leur fondement Capital et Travail classiquement s’opposent [3] , le Capital dernièrement n’ayant parfois même plus de visage.

Le concept de S.A.R.S. repose sur un trépied : 1. Des employés tous propriétaires (actionnaires) égalitaires de leur outil de travail. 2. Un chef responsable idéalement issu d’une école spécifique, formé pour agir dans le cadre d’une nouvelle philosophie de management et élu par tout un collège concerné. 3. Des fonds propres en suffisance et logiquement constitués.

Ce concept s’articule avec celui d’un Etat Régalien-Caution qui émerge d’une dialectique d’ensemble trouvant une unité logique.

1. Ce nouveau cadre institutionnel met fin à un ancestral conflit entre propriétaires de l’outil de production et force de travail. La nature de ce conflit induit une force extrêmement démobilisatrice pour tendre vers un résultat (le profit financier) qui en fait n’intéresse que les propriétaires. Ce schisme entre Capital et Travail met ainsi en porte à faux la nécessaire symbiose pour l’obtention du résultat qui seul devrait nous objectiver : le meilleur qui soit. Ce nouveau cadre ne dissout pas les éventuelles oppositions d’intérêts entre les hommes qui sont d’ailleurs l’indispensable force motrice des évolutions mais les déplace dans un contexte progressiste alors qu’elles étaient empêtrées dans un contexte stérile et qui nous conduit un siècle et demi après les prédictions de Karl MARX vers une déroute sociale qui se précise de plus en plus. Un contexte global plus fécond mérite amplement, dans notre crise sans limite, réflexion.

Si le fait d’entrevoir concrètement la fusion entre Capital et Travail peut s’avérer très féconde, celle-ci est loin d’être suffisante pour adapter nos entreprises aux exigences d’un contexte contemporain complexe d’où il est difficile pour beaucoup entre-nous d’évoluer de manière satisfaisante par rapport à des attentes légitimes d’un XXIème siècle. Il nous faut donc aller plus loin et préférer que ces structures modernes soient dirigées par des chefs spécifiquement formés pour ce métier, certes à la fois si intuitif et si délicat dans sa particularité, plutôt que laisser le pouvoir du capital ou le capital du pouvoir œuvrer.

2. Bizarrement si tous les métiers se sont orientés vers la recherche d’une formation de plus en plus dense et spécialisée, sanctionnée par un diplôme ouvrant droit à son exercice, le métier de chef d’entreprise, lui, ne fait pas l’objet d’une formation de poids adaptée à ce que cette fonction exige aujourd’hui comme niveau de compétence. Seules la possession d’un capital permettant la propriété d’un outil de production ou l’avide recherche de l’exercice d’un pouvoir autorisent l’accès à cette fonction. Ces critères semblent tout à fait dénués d’intérêt pour exercer cette noble mission que de manager un groupe humain qui par principe participe à tendre vers un objectif collectivement partagé. [4] . Devient-on aujourd’hui chirurgien, pilote de chasse, avocat, plombier, maréchal-ferrant et que sais-je encore, sans une solide formation adéquate. Nos entreprises sont confrontées à tant de difficultés multiples qu’il ne serait aujourd’hui pas raisonnable de s’abstenir de s’interroger sur la pertinence de concevoir une formation spécifique de cette fonction qui prendrait, qui plus est, tout son sens dans un cadre institutionnel modernisé.

Je viens d’exposer deux améliorations et non des moindres qui pourraient être étudiées pour tenter de rendre un peu plus cohérent nos actions entrepreneuriales avec l’analyse que notre contexte contemporain impose. En voici une troisième qui s’inscrit dans cette lignée.

3. Pour être bref et proposer une image simple, l’objectif n’est pas ici d’argumenter puissamment mais seulement d’exposer [5] , une entreprise sans moyens financiers et un peu comme une voiture sans énergie motrice, elle ne peut aller bien loin. Si nos voitures ont besoin de carburant pour se motoriser, nos entreprises ont besoin de fonds propres pour fonctionner et se développer. Si l’on espère faire une longue route mieux vaut partir avec le plein, plutôt que de se lancer avec deux ou trois gouttes dans le réservoir et espérer atteindre la prochaine pompe avant la panne sèche. Il faut des moyens pour entreprendre et d’autre part il me semble logique que le capital d’une entreprise soit proportionnel à son nombre d’employés [6] . On pourrait aujourd’hui estimer celui-ci à 15000 euros par employé. Ainsi, une entreprise unipersonnelle aurait un capital social de 15000 euros, une entreprise bipersonnelle aurait un capital social de 30000 euros, une entreprise tripersonnelle aurait un capital social de 45000 euros, une entreprise de 10 associés aurait un capital social de 150000 euros, etc... Des entreprises de toutes tailles indépendantes du système boursier pourraient naître, se développer, se transmettre plus aisément.

Comment constituer les fonds propres nécessaires au bon développement de ces S.A.R.S. en perspectives et par voie de conséquence de tout un système économique. Tout le monde, loin s’en faut, n’a pas cette disponibilité à porté de main ou le crédit pour l’obtenir afin d’être en mesure de financer les avances primitives de ce qu’il est individuellement ou collectivement indispensable de semer pour récolter. C’est là qu’un processus devient nécessaire pour permettre à tout un chacun de financer parfois seul (certaines activités s’y prêtent bien) mais le plus souvent avec d’autres (certains projets l’exigent) en toute équité - propriété partagée du fruit de l’effort collectif (le profit) et rémunération salariale fonction de capacités et d’implication personnelles propres à chacun d’entre-nous [7] .

4. La caution de l’Etat semble être le moyen le plus subtil pour fournir un effet levier non couteux à tout un nouveau système économique, vu en quelque sorte sous un certain angle et sur un long terme : TOUS CAPITALISTES. En effet, cette garantie pourrait servir de processus pour la mise en place des emprunts nécessaires à la constitution des fonds propres des S.A.R.S. et amorcer ainsi la combinaison d’une relance à la fois portée sur les investissements et sur la consommation. Les S.A.R.S. investissent, leurs salariés consomment. Au sein d’un tel système ; divers organismes et SARS, au centre un Etat Régalien suffit.

De tous petits changements dans nos fondements institutionnels - tout comme d’infimes modifications dans les conditions initiales des systèmes naturels - peuvent engendrer en finalité des changements phénoménaux sur un long terme. Il me semble que c’est ce que nous sommes en droit d’imaginer au sein de nos systèmes sociaux si concept et processus se mettent en marche.



[1] . Il y a toujours une façon simple et une façon complexe de regarder chaque chose, tout dépend de l’angle ou des angles sous le(s)quel(s) nous les regardons individuellement ou conjointement.

[2] Avec d’un côté le Capital - propriétaire de l’outil de production - qui tente suivant les problématiques posées par les époques considérées d’utiliser à son meilleur profit une force de travail plus ou moins coopérative.

[3] Alors que par nature ils se confondent au sein de la S.A.R.S..

[4] Il est difficile de nier qu’aucun diplôme n’est en réalité exigé pour diriger une entreprise, même si ce n’est pas toujours le cas dans la pratique. On est alors en droit de se demander quel est le diplôme le plus valable pour réussir dans cette fonction. Expérimentalement, je ne sais pas s’il y a des données sociales sur ce thème, j’ai examiné dans mon proche entourage ce qu’il en était des chefs d’entreprise que je connaissais et de la correspondance entre leur diplôme et l’exercice de leur tâche quotidienne, celle-ci menée à une toute petite échelle sans doute fort peu représentative, réserve déjà quelques surprises quant à l’adéquation : utilité du diplôme/problématiques rencontrées au quotidien.

[5] . Cf. page ACCUEIL - Encore plus loin (§ 10-11-12) pour une argumentation développée.

[6] Idem 5

[7] Nous nous prétendons être tous égaux en droit (DROITS DE L’HOMME) et nous sommes en fait tous différents (la nature nous produit ainsi dotés de capacités uniques propres à chacun d’entre-nous). Tant sur un plan global (le système économique tout entier) qu’au niveau d’une cellule de base (l’entreprise), il convient de tenir compte de la contrainte naturelle - tous différents - et de notre choix - tous égaux-.

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